samedi 9 avril 2011

69. L’économie des catastrophes


Les tirants et les contre-flèches qui percent le ciel au sommet de la cabine de commande font les grutiers
Téléportés par des vérins de dressage suspendus à des stabilisateurs hydrauliques qui mettent en suspension
Les outils terriens avançant vers la mer grâce aux avant-becs qui font des plongeoirs vers la haute mer
Pendant que les lames des tracteurs à chenilles avancent à grands pas parmi les déblais de la surface morte

Les moteurs diésel propulsent les chargeuses frontales qui lissent une surface de la côte poubelle
Les lames racleuses récupérant les derniers ossements qui parsèment la croûte des fouilles du levant
Les points d’articulation actionnant les bras oscillants qui déversent les gravas dans les bennes putrides
Pendant que des hommes actionnent les marteaux perforateurs qui viennent détruire les roches saillantes

Le chantier de reconstruction a déjà commencé sur les rivages nippons dont la destruction des infrastructures
Va générer d’abord une perte de 400 milliards de dollars que les économies de la croissance vont récupérer
Après un retour du fléau de l’inflation impactant le prix des marchandises à court-circuit d’approvisionnement
Les ruissèlements du progrès technologique coulant le nouveau béton de centrales plus robustes qu’un diamant

En quinze mois le port de Kobe avait retrouvé 98 % de ses activités portuaires dans un Japon du devoir
Les pertes de 110 milliards n’avaient pas été incorporées en moins-values dans la valeur ajoutée du PIB
Les 4 chevaux de l’apocalypse chantant une nouvelle comptine au bénéfice des entrepreneurs rechassés
Quand de nombreuses firmes sont au chômage technique devant la pénurie des semi-conducteurs résineux

Les convoyeurs apportent les containers d’où rebondissent les reconstructions qui modernisent un pays à sang
Le processus de destruction créatrice à l’œuvre chez Nietzsche contre Bastiat actionnant un poussoir pneumatique
Lors d’une réaction réversible de l’Histoire qui alimente le tout et son contraire dans la capitalisation des marchés
Les investisseurs privés détenant la majeure partie de la dette nationale financée par de l’emprunt à 1 % directeur

Une injection multipoints de liquidité à hauteur de 60 milliards va remettre sur pieds les dockers au chômage
Dans un Japon où la confiance nourrie envers le gouvernement ignore les effets d’annonce et les scepticismes
Alors que l’émission d’obligations auprès des investisseurs privés va doter la reprise d’une manne financière
Pendant que les quarks up & down s’occupent d’alimenter les énergies pétillantes de Tokyo et de Fukushima

La mobilisation du peuple japonais répond à une juste réaction en chaîne face aux intempéries de la catastrophe
Pendant que l’œil occidental regarde dans les réplications sismiques le talent équilibriste d’un peuple en surfusion
Les engrenages irréversibles faisant avancer la roue du destin vers son apex depuis le biseau d’un premier silex
Grâce aux efforts coordonnés des ouvriers qui tirent la charge du destin à contre-courant des évidences de jadis

vendredi 8 avril 2011

68. La réalisation du risque est indépendante de son évaluation


Les condominiums des lobbys anti-nucléaires ont récupéré la crise atomique des états supercritiques  
Profitant d’une vague de cinq mètres pour pointer les incuries desséchées des protocoles de sécurité
Le principe de responsabilité étant un facteur absolu jouant dans toutes les coursives du hasard
Incriminant des hommes à la solde d’un programme exécutif contre lequel les Verts pétitionnent

Le cœur de l’atome cristallise la peur coupable de l’Occident vis-à-vis des pluralités possibles de la mort
Les bétonneuses bâtissant des enceintes de confinement pour emprisonner les barres de combustibles
Derrière de grandes baies grises qui se raccordent à des transformateurs électriques générant des mégawatts
Qui filent à la vitesse lumière via des lignes haute tension vers les tubes au néon des enluminures de la ville

Le risque d’une radioactivité surnaturelle propage un postlude industriel inhalant l’effroi des coups de grisou
Quand les mineurs descendus sabraient le champagne avec une lampe à pétrole mettant le feu aux poudres
Rappelant alors l’expérience des mineurs chiliens intronisés sur la couche phréatique de l’héroïsme moderne
Dix jours de recherche dans les décombres découvrant deux survivants se moquant des risques de demi-vie

Voilà le surhomme en devenir qui reçoit par des effluves de gaz les mutations de sa glande thyroïde
La baguette magique d’une barre d’uranium enrichi injecte par voie orale des pastilles de grains invisibles
Mélange de césium, de strontium et d’iode radioactif qui donnent d’autres visions aux synapses lysergiques
Les réplications du séisme peinent à réinitialiser la colère des dieux débarquant sur une vague de surf

Toutes les questions écologiques charrient lors des crachins les déboires des vitupérations politiques
La question énergétique des politiques publiques devenue dépendante des mandats locaux impératifs
Fuskushima Daiichi et ses six réacteurs finissant après vingt-cinq ans l’amorce nuageuse de Tchernobyl
Alors qu’une fusion thermonucléaire a lieu dans les turbines qui fuient par tous les trous de la liquidité

Malgré quelques bottes de radis et des petits poids radioactifs qui enfanteront des nouveau-nés les cancers
L’impact sur la santé publique des cancéreux de la zone à risque est moindre qu’une diminution de l’ampérage
Sauf pour les crieurs publics survoltés de parole qui dénoncent les accords et l’implication de Westinghouse
Alors que les volcans de Kyushu et d’Honshu se sont réveillés le long des corridors marins des subductions

La longueur du plateau continental chinois permet au gouvernement communiste de piquer, surfiler et mouler
Autant de dés de béton sur les rivages littoraux qui descendent de Pékin à Shanghai par autoroutes sous vide
Toutes les études de zonage sismique ne pouvant prédire le pire dans le marc de café des arbitrages nécessaires
Le génie hydraulique des peuples vit sous la menace houleuse d’un grand tremblement de terre au Wenchuan

L’homme est ainsi fait que la technique qu’il élabore lui fait repousser les épisodes d’une mort programmée
Gagnant le droit de tuer dans l’espace malhabile que reniflent des chiens parlementaires signant les pamphlets
Les idéalités d’un retour à l’âge de pierre servant à bourrer la poudre sur le châssis d’un métier à tisser en liesse
L’opinion criaillant pendant qu’elle enregistre le prix de revente d’un volt sorti des panneaux photovoltaïques

jeudi 7 avril 2011

67. Vingt-quatre ans de réclusion pour Jeremy Morlock



Les exactions militaires et les crimes de guerre sont une fatalité statistique pour un contingent de milliers
Rolling Stone et le Spiegel prenant le relais d’une plainte contre la CIA déposée par des civils afghans en deuil
Les zones tribales échappant au contrôle multi canaux des dignités belligérantes du Waziristan nord et sud
Après la mise en scène d’un macchabée dont les boyaux furent déchiquetés par une grenade à bout touchant

Quand un scanner biométrique capte la coloration de l’iris dans les grands sabots d’une mise à mort
D’un garçonnet à peine mature faisant le premier one-count-kill pour des soldats délaissant leur routine
Un peu démembré, un peu décapité, pour les besoins d’une session ivrogne de photos en plein désert de l’est
Un corps encore de chair à côté des mutilations que les roquettes infligent en sortant du carquois des hélicos

Les mises en scène se poursuivent en plantant le décor bruni d’un automatique vieillissant près du cadavre
Dont les doigts furent découpés par l’inox d’une paire de ciseaux sortie d’une trousse de premier secours
Des regards de haine dépêchés derrière la couleur écarlate fumée de Ray-ban en plastique sous le casque
Un ensemble de gamins jouant sur un plateau en haute altitude les scènes en mémoire d’Apocalypse Now

Le manque de troupes et de volontaires a contraint l’US Army à recruter sur les bancs des paumés de la zone
Accrocs à l’opium, au hash, à la codéine ou à l’amitriptyline, antidépresseur tricyclique pour les enfants du feu
Perdus dans une aventure romancée de leurs exploits défilant sur les traces des Strykers lançant des bonbons
Que des enfants couraient chercher sous les balles alcoolisées des militaires à l’arrière de leurs blindés légers

Quand les actes inhumains sont aussi tristes que les naïvetés de Blanche-neige des journalistes hyper ciblés
Déversant leur bile offusquée comme des gamins œuvrent sur les traces des escadrons de la mort climatisée
Sous un ciel léger bleu d’azur prêtant d’excellentes conditions logistiques aux tailleurs des treillis en vadrouille
Alors qu’une compagnie se transforme en peloton d’exécution pour tuer le temps des permissions incomplètes

Les procédures de morgue commandent de déplacer les cadavres sur les bas-côtés des routes goudronnées
Que faire des têtes qui jonchent parfois les plans rocailleux ? Couchées derrière les rocks à la fin de leur course
Les décapitations de civils ou de talibans enfreignant le code militaire, même sur les plaines de Kandahar,
La tentative transformant l’essai après des heures de palabres à dévorer les rations sucrées noires de survie

Le village isolé de La Mohammad Kalay se souviendra du massacre similaire à celui d’Oradour-sur-Glane
Perpétré par des soldats éméchés se dédommageant de leur ennui vétuste dans les boyaux de l’offrande
Établissant un périmètre de sécurité en parquant les Strykers à l’entrée des cabanons sertis de pourritures
Révélant plusieurs serial-killers en ces militaires jouissant à la mitrailleuse et au Colt M4 balançant du 5,56

Les attaques de drones sont aménagées sur les charniers de la population sur le qui-vive d’un fil de rasoir
Les meurtres pleuvant du ciel sous l’anonymat des États-majors profitant des météos complaisantes de l’aube
Pendant que l’ambassade américaine à Islamabad reçoit les précédents qui s’éparpillent sur les piles d’un dossier
Autant de morts civils que les commissariats vont étouffer contre une information à la presse qui roucoule

mercredi 6 avril 2011

66. Rio-Paris par le vol AF 447



Le navire Alucia a localisé des éléments de la carlingue qui recouvre le glaçage des fonds océaniques
Par 3 900 mètres de fonds gisent les morceaux d’aluminium au milieu desquels les poissons benthiques
Ont trouvé un nouvel habitat dans les cadavres bleuis et la charogne noyée des touristes transatlantiques
Les donzelles et les grenadiers vivant sous une pression de 300 atmosphères que les carlingues survolent


Un Airbus A330 a posé l’ancre au beau milieu d’une zone abyssopélagique qu’habitent les 228 cadavres
Après son envol le dimanche 31 mai 2009, prélude aux liturgies d’une minute de silence à Notre-Dame
Les premières images sont remontées par les sonars et les relevés acoustiques baignés dans les grands fonds
Des clichés de vert phosphorescent arrosant le macadam des dorsales à la recherche d’un train d’atterrissage


Les boîtes noires surgiront à la faveur d’un ressac comme la carcasse de l’avion de Saint-Ex’
Montrant des images du moteur rouillé de pépites marines comme une hélice tortueuse
Alors que les caoutchoucs des pneumatiques sont encore sortis pour rouler sur le tarmac
Les bras et les rotors ayant fait levier pour amerrir par temps de pluie un jour de crash aérien


Les ailes furent découpées par une batteuse de fortune qui coupa la chique à ses capitaines marins
Un fuselage déchiqueté par l’impact traumatique du bistouri des lames de la mer qui carnivorent
Les images sonar délivrant le secret d’un emplacement pour encrer une nouvelle carte au trésor
Alors que se tiennent au perchoir Thierry Mariani et NKM en commis maquillés du gouvernement


Le comité d’information des familles de victimes attend une cartographie complète des fonds sous-marins
Puis un appel d’offres à hauteur de plusieurs millions d’euros pour la sélection légale des rafiots compétents
Remorqueurs à propulsion d’étrave et câbliers déposant des robots sous-marins sommés à la manœuvre
Entre dans le nouveau port du milieu océanique un regard d’espoir cherchant à clore un dossier liquide


Dans les gorges des daviers, se plient les câbles d’airain qui relèveront les particules métalliques du désastre
Un accident aéronautique piquant au vif une industrie déjà sonnée après le crash du Concorde à Gonesse
Une histoire cousue de fil blanc sortie de l’imagination d’un nautilus sauvage naviguant en eaux troubles
Les fantômes sortent des rifts pour naviguer sur l’étale de haute mer où les vives-eaux font bonne pêche 

mardi 5 avril 2011

65. Le chant du cygne sifflote lors d’une longue tractation


En ce mardi 5 avril 2011 les foudres descendent des gazelles du ciel hélitreuillées par l’adoubement
Des sphères onusiennes qui accordent à la précipitation des élections de décembre 2010 une conclusion
Quand interviennent quatre hélicoptères de la force Licorne après le bombardement du quartier de Cocody
Soutien international à un fonctionnaire de l’ONU dirigeant sur le terrain des lagunes un changement de cap


Les Forces Armées bombardent le palais présidentiel lors d’une offensive poussive des forces pro-Ouattara
Trois mois de marasme abrégés lors d’un poisson d’avril des forces du Conseil de Sécurité qui s’éveillent
Après un premier entraînement sur les rivages méditerranéens où d’autres tyrans tirent la corde puis le rideau
Les loyalistes républicains ayant le vent occidental en poupe, gonflés par la pensée unique de l’opinion courante


Au moment où l’on voit dans la couleur sang les deux partis nourrir leur verve, Caritas et la Croix-Rouge dénoncent
Le massacre de Duékoué où les deux camps se sont partagé le gâteau d’un charnier estimé entre 152 et 1 000 parts
Les militaires officiels voyant dans les civils décédés des miliciens de l’autre camp morts sous les tirs des machettes  
Le néo chef militaire Guillaume Soro changeant de veste en passant à l’ennemi pour beurrer les massacres levants


Les résolutions 1973 et 1975 complètent leurs aïeules avec une volonté affichée de défendre les populations civiles
Prétextes naturels à l’intervention armée des pays utilisant le droit du jour pour mettre les pieds dans un plat en feu
Quand la filière des réseaux sert de combustibles à charbon pour alimenter les vieilles logiques du piston en culasse
Un parterre d’embonpoint levant sa bidasse avec difficulté derrière les ventilateurs capricieux du droit international


L’intervention de l’ONUCI dirigé par le Coréen Choi Young-Jin depuis le 27 février 2004 complète l’arsenal
Qui s’épanche sur les installations de télécommunication d’un pays versé dans le noir de sa peau qui le démange
Quand les populations écoutent sous les tables les balles traçantes filer certains spots qui attirent les lucioles fluos
Pendant que les mitrailleuses lourdes déversent une géhenne généreuse au hasard des innocents tombés en ruine


Les défections nombreuses dans les rangs majeurs du Président sortant obligent Gbagbo à lever l’ancre
À entamer des tractations dans l’ombre de sa royauté écornée par les druides de ses pratiques marabouts
Tous les ponts de la lagune bloqués par des amoncèlements de cadavres qui disparaissent à la nuit tombée
Les morts levés par la poussière des Dieux que Ban Ki-moon dirige impartialement avec un sceptre d’Ottokar  

samedi 2 avril 2011

64. Le débarquement de l’air

Le conglomérat des énarques de l’ONU a voté en faveur d’une énième percée des frappes aériennes
Déversant le napalm comme l’hydromel des dieux sur les villes de la Tripolitaine ensevelie de misères
Le mazout obscur jouant à un medley de Duke Nukem et de Counter Strike en double mode subjectif
Pointant le laser sur des hommes réels qui déversent leur sang après l’affichage perdant d’un insert coin

Les nouvelles prosodies de la guerre se rendent obligatoires pour affirmer une érection de la démocratie
Sauf à dissimiler de réelles intentions électorales en pissant petit sur les cartes électroniques de l’État-major
Usant des stratégies de Colin-maillard pour minimiser les pertes de la honte au-devant des dangers invisibles
Tandis qu’ils crachent et vilipendant une guerre d’enlisement qui remet en jeu les logiques du va-t-en-guerre

La guerre n’est pas une honte mais la façon de la mener mettrait l’État-major de l’OTAN sous une machette
Généraux cinq étoiles et capitaines d’infanterie exploités pour diriger le GPS d’un pointeur de la NASA
Dans le ciel obscur qui fait tomber l’apocalypse sur le millimètre opaque flanqué d’une dureté de carton-pâte
Dans les casbahs et les taudis des croûtes du désert qui transpire devant la honte des caravanes qui suent

Ce n’est pas avec le mortier des Tomahawks et les B-12 des Gazelles jouxtant les Rafales que la guerre se débride
Elle manie les rapières d’un duel en face-à-face et la dague d’un coup du diable qui sort d’une botte à la dérobée
Sous les projecteurs égalitaires d’un combat d’UFC encagé derrière les contrats d’assurance du pay-per-view
Une baïonnette finissant le travail dans le corps mis au bûcher du vaincu qui exhale son déshonneur de trois jours

Autant de citations abondent contre les horreurs de la guerre qu’elles ne prônent sa fatalité tragique
La guerre au sol faite d’échanges d’obus  et de projectiles autopropulsés ayant les vertus de l’égalité
Quand les hommes regardent leur exécuteur testamentaire dans la pupille d’où provient le dernier souffle
La guerre moderne utilisant les opérations commando, amphibie et tactique qui mobilisent les hommes

La honte est de faire la guerre sans les honneurs de la guerre qui descendent sur le champ pour mitrailler
Un sniper sur une tourelle ou la garde prétorienne enfermée dans un bunker que des éclaireurs amorcent
Les morts civils se substituant aux morts militaires pour fonctionnariser les fantassins dans une armée de métier
Alors qu’aucune victoire ne vient entériner l’amorce dans une poliorcétique nouvelle du coup de fatigue

Les revers d’infortune braquent leurs projecteurs hollywoodiens sur Qadhafi puis aujourd’hui sur El-Assad
Les projectiles antichars attendant que les missiles foudroient en premier les dernières lignes de communication
Alors que les armées de l’Occident dévastent un pays pour gagner les chantiers tactiques de sa reconstruction
Tout eût été fini en 2 jours avec 4 compagnies de paras dont 30 % eussent été décimés sous le feu ennemi

Les médias et l’opinion publique aiment à allonger le suspense autant que les durées d’écoute au vingt heures
Depuis que les percuteurs ont rouillé sous la vieillesse des couilles suintant de cholestérol en avril
Quand plus personne n’ose assumer la guerre dont les manuels à toute épreuve dévient la gouverne
Parce que les décideurs politiques se trouvent sur le siège éjectable des décisions motivées par le peut-être