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jeudi 5 avril 2012

246. Vue depuis le Congo Kinshasa

10h45

Les forces armées congolaises ont levé le pied de guerre pour les brancards
Écrasé leurs mégots, fait tinter les verres, en face du Parlement limitrophe
Les Rangers en treillis de l’homme africain chaussant la garde républicaine
Alors que les décrets sont tirés par salve lors d’un coup de canon judiciaire

Dans un dépôt de munitions

Se côtoient les cités populeuses qui lorgnent par-dessus les barbelés édentés
Voulant saisir les crosses comme les Enragés aux Invalides un matin de 14 juillet
Ici le hasard suffit à tirer sur la corde pour faire descendre une hécatombe splendide
Le couvre-feu et la loi martiale établissant un périmètre de sécurité autour de la zone d’impact

À Brazzaville

Le merveilleux cratère de la démolition vint éclairer l’empire zéro de Sassou Nguesso
Lors de cinq explosions conjuguées par les poupées russes des ingénieries de l’armement
Un cratère de 500 mètres, les hommes passant la faucille puis se scotchant, engrais, à la terre
Le crâne sur l’asphalte, le dos vouté sous une onde de choc surfant sur le fleuve Congo

Dimanche 4 mars 2012

La ville jonche les immondices et les gravas reconstruits par une poudrière de béton
Les azimuts sans dessus dessous lorsqu’un obus fut transpercé par un père
L’ordre et la morale écrabouillés sur les viscères noirs de l’homme dépollué
La panique complètement débordée par les services de l’État encore à l’abri

282 morts – au minimum

Derrière une palissade en béton armée, les décombres improvisèrent leur cimetière
Les détonations répétées continuaient à faire pleurer les douilles toujours en alerte
Une épidémie de mises à feu pendant deux jours, un champ d’honneur sans assaut
Et les gosses jouant au ballon dribblant entre les cratères pour tirer sans but

2 300 blessés – à la louche

Le quartier Mpila a sauté sur place lors d’un jour chômé réveillé par l’artifice
Les lycéens absents de l’École de Trois Martyrs eurent leur vie sauvée par le calendrier
De toute façon, les diarrhéiques et les lépreux enseveliront les morts rendus à la vermine
Chut, il ne s’agissait que d’un petit « désagrément » juste digne d’un poisson d’avril

Court-circuit

Les dépôts du Régiment, du Génie et de l’Intendance se sont mis au diapason
Donnant le la consonantique lors de la messe rendue au même moment
Il sera inutile de couper les acacias, tranchés par une poudre de salpêtre
Six Chinois travaillèrent derrière les containers que les échafaudages dominent

Incendie

L’impôt du sang et le champart rendus à sa seigneurie, un an après le crash d’un Antonov
Alors qu’une série noire semble habiter le polar civil de Pointe-Noire et ses habitants
Les obus dégoupillés tombant comme la foudre depuis les grenouilles divines
Sur Brazzaville victime d’un tsunami sans eau, un trou au milieu de leur histoire

Puis le bouquet final

Des milliards de francs CFA ne connaissent pas le multiplicateur de la monnaie
Qui suppose quelques passes d’armes dans l’économie pour faire des petits
« Ne jamais accepter que les autres prennent l’exemple de vos déboires »
Les démineurs de l’ONU en vacances sur les lieux des rats au milieu du crime

vendredi 23 décembre 2011

236. Les proclamations officielles de la victoire


1
Les bancs de sable bergent les bords du fleuve Congo entre Kinshasa et Brazzaville
Les boutiquiers sur les abords, un parasol sur l’étal, les temps de paix sont enfumés
De la terre couvrant de pellicules les carcasses et les dépouilles jonchant les murets
Ils marchent le long de l’aiguille du boulevard du 30 juin, 8 voies entre ciel et terre
2
Le centre moins pourri qu’ailleurs montre un dédale cosmique où se ressemblent toutes
Les mégalopoles africaines étendues sur les broussailles des maisons à étage unique
Le Graal au sommet d’une tour en construction, levée à partir des éboulis de l’époque
Les cargos mus au pied levé, mouillant près d’une scierie où les jonques débarquent
3
Dans le Stade des Martyrs, faisant le coin équilatéral entre le golf et l’aéroport N’Dolo
Étienne Tshisekedi wa Mulumba prêtera serment après une récolte de 32,33% des voix
Ce premier diplômé en droit du Congo, membre du collège des Commissaires généraux
Un vieil emplâtre de presque 80 ans, appartenant à l’UDPS, impétrant à toute heure
4
Les gouvernements de transition se multiplient pour les hommes, tous des libérateurs
Dans ce grand pénitencier du Zaïre, encordé par les lianes de la stagnation économique
Les barrages délivrant le cours d’un système, au-delà des hommes, conduisant les rapines
L’affirmation de l’autorité de l’État contre les dévoiements successifs des règles de droit
5
« Le Congo sera ce que les Congolais veulent qu’il soit. Nous le devons à la Providence. »
Au-delà des résultats proclamés par la CENI, dépouillés pour être triturés et multipliés
Un homme sous le béret vert, coiffé par le drapeau de la République démocratique du Congo
Prenant le micro pour assoiffer ses ennemis, fiers des 48,95% que donna un coup de pouce
6
Les opposants victorieux portent des feuilles de palmier pour aérer les rues et gagner en volume
Les observateurs étrangers constatent les dégâts dans un pays impropre aux élections nationales
La taille d’un géant ne pouvant poinçonner à temps les bulletins coincés aux postes frontières
Un pays en fanfare à Kinshasa où le remake d’Abidjan prépare la mobilisation des troupes
7
Les transbordeurs politiques de la CENI ont attendu deux semaines pour entériner une élection
Les morts sont chiffrés à 25 après deux semaines d’impatience et de pancartes levées au ciel
Quelques heures encore avant que 80 000 pèlerins ne se rejoignent dans un stade de foot
Dans les travées macabres où les charpentes s’écrasent lors du décoffrage d’un fétu de paille
8
Les policiers pour l’instant consignés au silence regardent les barricades se murer dans la ville
La Garde républicaine appelée en renfort pour disperser les gaz lacrymogènes et la pierraille
Après ce scrutin du 28 novembre 2011 accouchant d’une dyarchie polychrome à forts remous
Alors que les blocs de grès restent immobiles près des cataractes où chutent les gros poissons

samedi 19 novembre 2011

219. Élections fluviales de la République du Zaïre


1
Sur les ruines du colonialisme et le départ à marche forcée des colons le dos tourné
En l’année de grâce 1960, les pays africains reprirent le pouvoir sur le sol commun
Au moyen des forçats militaires qui constituèrent les apôtres du nouvel évêché
Tels Amin Dada et Mobutu Sese Soko, gravant tous deux les échelons militaires
2
Les dictatures africaines s’expliquent sur la tombe du colonialisme embrumé par l’Histoire
Les forces vives du pays, francophones, contrôlaient les réseaux de pouvoir et les journaux
Depuis une indépendance jusqu’au coup d’État de 1965 et le renversement par Joseph Kabila
Des structures déployées avec le Collège des commissionnaires et le Corps des Volontaires
3
Les jungles, les savanes et les réserves de minerais cristallisent les reflets du jour
Dans un pays colossal sans couverture logistique pour assurer le transport des vivres
Alors que des diamants et des fleurs de cobalt saignent sur les champs pétrolifères
Sous des arômes de café qui cautérisent la province caoutchouteuse du Katanga
4
L’élection présidentielle organisée le 28 novembre 2011 bute sur les réalités africaines
62 000 bureaux de vote sur un territoire de 2,4 millions de km2 où l’alphabet demeure
Un sortant, Joseph Kabila, face à un opposant de 79 ans, Etienne Tshisekedi, de l’UDPS
Avant le retour ivoirien d’une confrontation pour la mainmise du pouvoir sanguinaire
5
Dans le sang et la mitraille, les résultats seront prononcés en faveur du champion sortant
Des érosions d’améthystes dans les ossuaires où les orchidées repoussent à la verticiale
Les enfants faisant le salut militaire, face caméra, braqué devant Nzanga Mobutu, héritier
Président de l’Udemo, candidat sous tension après un exil de 1997, les deux fils en face-à-face
6
Les urnes sont fabriquées en Chine et les bulletins seront expédiés depuis l’Afrique du sud
À tous les électeurs mal voyants adoptant le premier nom venu, le pied sur des quasicristaux
Pour une élection organisée par la Commission indépendante (Ceni), cinq ans après l’ONU,
Le CSM congolais confirmant le sort du vainqueur ourdi depuis un règlement à l’amiable
7
Les candidats exhortent certains du peuple à briser les portes métaphoriques des prisons d’opposants
Un climat de violence constituant la haie d’honneur et le panache de cendres accueillant les signatures
Alors que Kinshasa napolitaine est abandonnée à la corruption et aux ordures de ses citoyens morts
Les coupures d’électricité reflétant une hausse annuelle du PIB de 6 points parti aux oubliettes
8
Les barrages hydrauliques sur le fleuve Congo monnayent les débits sous l’hégémonie du dollar US
Dans une capitale désertée par le confort où les balles perdues fusent à travers les parois contreplaquées
90% de chômage, 100% de corruption, un milliard injecté par l’ONU grâce aux MONUC et MONUSCO
Qui ouvrent des TPE avec les bordels de mineures où les biftons sont injectés dans les vagins inflatés

mardi 4 octobre 2011

190. La Cour martiale de la rue


Le jugement de mardi dernier relaxait l’un des coupables, beyond reasonable doubt,
Devant la Cour martiale de Moroto, situé à la frontière kenyane où l’enfer se dédouble
Après le rappel des faits survenus à l’occasion des fêtes du Nouvel an en pays ougandais
Quand Ms Teddy Nakiru fut pilonnée par les pénis d’une brigade militaire presque armée

Vers 23h, la jeune femme sortit de la congrégation à la suite de la soldatesque de surveillance
Un homme en treillis la prit à parti, deux accoururent vers elle, un autre la maintint de force
Deux la mirent à terre, un autre lui déchira ses haillons pendant que trois s’engouffrèrent
Dans le vagin des pénitences du soir où la mort côtoie des effluves de cyprine qui découlent

Un viol collectif survint, un soldat après l’autre, un litre de foutre liquoreux déversé au goulot,
Entre les lèvres ensanglantées d’une femme dans le coma, molestée et perdant connaissance
Un coup de latte dans le dos rompant la colonne vertébrale d’une femme devenue un pantin
Dont le corps fut jeté, après consommation rituelle, au-dessus d’un pont pour goutter au ravin

Découverte au petit matin, ensanglantée, suant hémophile du vagin, percluse de contusions violacées
Elle fut emmenée plus morte que vive au Moroto Hospital pour une radiation X du corps rayonné
Avant une opération cloutant son épine dorsale par deux plaques métalliques enfoncées de cobalt
Dans ses chairs que toute l’histoire avait déjà habitées lors du va-et-vient botté de douze militaires

La douleur de l’opération, faite sur une femme paraplégique d’un moment, saignante et puante
Du sang et du pus depuis les orifices de l’opération qui s’envenime, hululant des cieux criminels
Interrogée par les avocats de l’Uganda Peoples Defence Force, elle collapsa et le cas fut ajournée
Une innocence sans voix mourant en silence devant les ignorances feintes d’une tribu d’hyènes

Sur 12 hommes, trois furent mis en accusation et un seul comparut devant le tribunal conciliateur
James Manana affirmait être l’ami boyfriend d’une femme cobaye servant d’empoignade alcoolisée
Après consommation de waragi, les Ougandais étant les plus grands consommateurs d’alcool (WHO)
Facteurs ischémiques, cirrhoses du foie et accidents de la route, terminus épochal des hommes sourds

19,47 litres d’alcool pur par habitants en 2004, 13.54 en France et 10,58 pour la Fédération russe
Sans compter les gouttes d’éthanol non enregistrées mais évaluées à 10,7 litres d’alcool traditionnel
Le compteur à 0 pour l’Iran, le Koweit, la Libye, l’Arabie saoudite, la Somalie et le Bangladesh
Le Daily Monitor rapportait les faits et laissait les parents seuls dans leur dignité d’orphelins
Incapables de payer un avocat et commandant à Dieu le seul jugement possible d’une barbarie

L’homme galeux était révoqué de l’Armée pour troubles à l’ordre public, alors en service,
Un exemple servant aux bâtards de la République encore idolâtre d’Amin Dada le boxeur
Le centre et l’ouest consommant du tonto, alcool de bananes de type kisubi, ndizi ou kivuru
Un peu de sorgo ajouté à la fermentation des esprits débiles, de 6à 11%, criminels de foire

lundi 1 août 2011

154. Coca-Cola leur tombe sur la tête



Des baobabs d’été aux baraquements reliés aux ficelles du réseau électrique, mille ans de patience,
La Guerre des Boers et l’Apartheid dans le sud du pays où les fumeurs de bois restent clos à l’abri
Un roseau en pipette surgi du fleuve du Chrissiesmeer où se cachent des indigènes expatriés
Suivant les pluies comme la foudre tombée du ciel d’un ULM derrière la pénombre nuageuse

De l’esprit, ils parlent le xegwi ou le xhosa avec plus d’une cinquantaine de phonèmes clics en consonnes
Claquent les Zoulous et la tribu des Abathwas échangeant dans le Kalahari ethnique des langues isolantes
Les inflexions baignent le produit de la chasse et de la cueillette sur le versant carcasse de l’Histoire sédentaire
Ils vivent dans des logements sociaux ces survivants du massacre perpétré par les Swazis, bantous de l’est

Les derniers Bochimans surfent sur la terre ocre entre le nord de l’Afrique du sud et le Botswana sur le palier
Descendu d’une Zambie où les courants aériens déposent le périple des treks en forme de détour du monde
Quelques villages en ruine laissés par l’envahisseur colon scrutant au pied d’une paroi rocheuse les traits d’un
Lichen de peintures rupestres coloriées de chanvre que les passeurs d’histoire transmettent à l’oral du goulot

Ce peuple a disparu d’Afrique australe comme l’Histoire de notre mémoire lors d’une paix de secousses endiablées
Les nomadismes chassent les anciennes peurs grâce aux crics hydrauliques qui heurtent vissés les distales rauques
Ils font du feu avec un silex pour cuire les élands de la terre chassés des bassins dépressionnaires des asclépiadacées
Les antilopes et les oryx faisant les seules richesses après le cuivre, le charbon, l’uranium et le nickel cueillis au TNT

Les peuples qui n’ont pas invité leur histoire littéraire nécessitent qu’au rayon poétique ils soient rétablis
Des éclairs qui tombent sur les membres cherchant dans les brousses et les broussailles une subsistance
Chassés des indignités infertiles de la terre en raison des descendants vieux de Cecil Rhodes de la De Beers
Les diamants et les joyaux de la couronne plaçant les scellés sur une réserve naturelle de 3 000 Bushmen

Ils ont peint leurs histoires de chasse sur des collines rupestres que se sont appropriés les colons omnivores
Une civilisation de l’arc perdue dans ses rituels chamaniques voyant un présage incrusté dans du ver forgé
Portant le logo d’une enseigne au nouveau panthéon remplaçant une théologie de l’esprit du tremblement
Un instinct de survie nomade au milieu d’une terre vide d’où jaillissent les puretés carbonifères de la taille